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Faut l'tenter !

Citius, Altius, Fortius !!!

27 Mars 2014 , Rédigé par Mathieu Leonard

Chapitre 7 : Retour au TRIple effort ----------------------------------------

Plus vite, plus haut, plus fort !!!

Comme promis, je vous fait part de mon nouvel objectif, un prochain rêve à réaliser...

Le 15 aout se tient annuellement un triathlon longue distance à Embrun. Ce triathlon ressemble à un « Ironman » (format longue distance) classique, c’est-à-dire 3,8km de natation, suivis de 180km de vélo, enchainés avec un marathon (42,195km). Seul hic, Embrun c’est dans les Hautes Alpes, du coup le parcours vélo n’est pas très plat (et pour cause il bascule en haut du col d’Izoard (2361m) et compte environ 4000m de dénivelé positif) (voir profil sur la photo) et pour être sûr, les organisateurs ont rajouté 8km au parcours vélo déjà bien vallonné (à ce qu’on m’a dit). Bref, il est réputé comme « triathlon longue distance le plus dur d’Europe ». Voilà pour le portrait (vous demanderez plus de détails à Google), et il se trouve que mon pote Julien (triathlète de haut niveau) était sur la ligne de départ en 2013 pendant que je dormais profondément, au bout de la Bretagne.

Je me lève donner mon cours d’aquagym tandis qu’il gravit l'Izoard. Je surveille ensuite ma piscine, puis je prends ma pause à midi et je me branche sur le live de la course à la radio, espérant entendre parler de lui, autant dire chercher une aiguille dans un botte de foin. A 13h30, il doit en être à un peu plus de 6h de vélo et le leader (l'espagnol Zamora) a posé le sien et court déjà. Juste avant de repartir surveiller la piscine l’aprem, j’entends qu’un groupe de trois mecs en terminent avec le vélo, aux places 15 à 17 et il me semble entendre Julien Orvelin, mais je suis loin d’en être sûr. Je rejoins mon bord de bassin et commence à cogiter à l’éventualité. Putain, mon pote pose 16e le vélo à Embrun, non !! Si c’est bien ce que j’ai entendu, c’est tout bonnement énorme. Le lendemain, les résultats tombent : pas de Julien dans les 20 premiers, ni dans les 50, ni dans les 200 d’ailleurs. Impossible ! Bon, j’avais mal entendu alors.

Je l’appelle et lui confie mon rêve, mais il le confirme. Il a bien posé le 16e vélo au parc, mais s’est dans la foulée assis et a cogité de longues minutes avant d’abandonner. Je suis abasourdi !! Être aussi bien placé dans un triathlon international et décider de ne même pas partir courir me semble invraisemblable. Ses explications ultérieures ne m’éclaireront pas davantage.
En revanche, elles vont me convaincre si c’était nécessaire de me frotter à ce triathlon plein de mystère. En effet, on avait déjà évoqué l’idée avec mon père de le faire un jour, et l’échéance en 2014 pour les 50 ans de Denis nous plaisait.

Le nouvel objectif est donc bien trouvé, et aux vacances de Noël, mon père et moi, nous nous inscrivons à ce mythique événement.

Là, vous vous dites, attends. Il nous parle surtout de course à pied depuis le début, un peu de vélo mais de là à boucler le plus dur des triathlons LD d’Europe, il est pas un peu optimiste (débile ?) là.

Je me dois de vous éclairer, car vos interrogations sont justifiées, légitimes, et j’y ai réfléchi à deux fois avant d’entrer mes numéros de CB et de valider le paiement.

En effet, je n’ai pas fait énormément de triathlons et le triple effort est très spécifique lorsqu’on n’est pas habitué à enchainer les activités comme il faut le faire dans cette discipline. Le plus long sur lequel j’ai couru m’a demandé de nager 35min, puis rouler 2 heures et enfin courir pendant 1h, soit 3h08 de course. L’Embrunman va m’en demander au moins 15 au total. C’est bien là le challenge, et Dieu (et bien d’autres personnes me connaissant) sait que je les aime les challenges. Jugez-vous-même :

  • Un 1er marathon préparé en 6 mois, et démarré sous la neige (3h44)
  • Un second marathon où l’objectif de moins de 3h30 n’était là encore pas très raisonnable
  • Un Maratrail sans grande préparation, dont je ne soupçonnais pas la difficulté (6h22)
  • Un 24h course à pied où je parcours 102km sans préparation (chapitre précédent), encore un pari osé qui a réussi ! (10h30)

Tous ces challenges étaient plus ou moins insensés, mais potentiellement réalisables. Leur difficulté est croissante, et c’est bien ce que j’écrivais au chapitre 1. L’homme est un éternel insatisfait : lorsqu’il obtient ce qu’il veut, la réjouissance laisse assez vite place à l’envie du plus ceci, du plus cela.

Bref, pour ma part, je me fous d’avoir une télévision toujours plus grande, c’est dans le sport que je m’épanouis et comme tout le monde, je vais chercher un objectif toujours plus dur, donc souvent plus fou que le précédent.

Le challenge est ici de courir mon 1er triathlon LD sur le réputé « plus dur d’Europe ». Ce n’est peut-être pas très logique, mais la logique n’a pas sa place ici, et je ne changerais d’avis pour rien au monde.

J’ai trouvé l’autre jour une citation qui a fait immédiatement sens chez moi puisqu’elle colle parfaitement avec mon credo « Faut l’tenter », et qui dit : « Un homme libre, c'est quelqu'un qui tente ce qu'il a envie de faire... c’est quelqu’un qui ne se ment pas à lui-même et qui accomplit ses rêves avec beaucoup de travail…». C’est exactement ce que je ressens, j’ai envie de courir ce triathlon, c’est un rêve à cocher sur le papier pour passer à autre chose. Quelque chose de plus dur ? Bien sûr, et ce ne sont pas les épreuves qui manquent. Et cette quête du « toujours plus » n’est pas prête de s’arrêter lorsque je vois, sur certains trails que je cours, un point attribué pour l’UTMB, autre rêve qui n’est actuellement pas à portée de main, mais qui le sera un jour je l’espère.

Si je parviens à finir l’Embrunman, je prévois en effet de m’initier à l’ultra trail. Rien que ça !

Et oui, quand on a pas attaqué les sports d’endurance tout jeune, on n’est pas efficace sur les courtes distances (sprints 100m, 200m, 400m, jusqu’à 10km), du coup, on se spécialise dans le long, voire le très long où la dimension mentale est prépondérante. C'est aujourd'hui ce que je, et beaucoup d’autres, vient chercher sur de telles épreuves (triathlons LD et trails longs). C’est une manière de mieux se connaitre, en allant fleurter avec ses limites psychologiques et physiques.

Ce cap, où plus rien n’est facile, où l’environnement n’a plus d’influence, où l'on se réfugie dans une bulle, où chaque foulée est plus difficile que la précédente, où le quotidien n’a plus d’importance, où le seul refuge est exclusivement intérieur tandis que l’esprit prend de la hauteur et on est comme spectateur de son corps propre en pleine souffrance. Bref, un état second dont la délivrance est telle une renaissance, et le sentiment de bien-être si fort qu’il en devient vital, une drogue douce. On cherche alors à revivre cette liesse, et il n’y a pas d’autre choix que de revivre de tels efforts, de s’infliger de telles dilemmes.

Trève de philosophie, l’année 2013 se termine et le bilan est positif. Il s’agira de faire encore mieux en 2014, et le jour J, point d’orgue de l’année, est déjà fixé. Mais avant d’attaquer l’entrainement intense au printemps, il faut profiter de l’hiver et de la neige, ainsi que de mon auto-cadeau de Noël, une Go Pro (1er modèle). Je la teste sur un sortie trail autour de St Jean d’Arvey et le résultat est très concluant : bonne qualité vidéo, moins bonne du son (peut-être due au caisson étanche dans laquelle la caméra est protégée de l’humidité et de la poussière), et grand angle super pratique.

Je m’initie au ski de fond. Une révélation ! En un jour, je progresse énormément. J’ai tout de même assez de lucidité pour ne pas succomber à l’envie de m’en procurer puisque l’hiver est déjà pas mal entamé et le concours approche à grands pas. On verra ça l’hiver prochain !!

Ainsi qu’au ski de rando 3 jours plus tard avec le CAF (photo de couverture). Bilan positif mais bien moins emballé que par le ski de fond. Je m’explique : le ski de fond est plus facile à pratiquer, bien moins dangereux, et très intéressant physiquement (travail cardiaque très important sans les traumatismes articulaires de la course à pied) tandis que le ski de rando est très dangereux (avalanche), lent (à la montée) pour un plaisir très (trop) bref à la descente.

Un pti tour à l’escalade 2 jours plus tard, où je comprends vite que c’est une pratique très spécifique et que mes avant-bras sont partis en vacances depuis pas mal de temps. Du coup, j’me suis bien marré mais une belle ampoule à l’index, et des courbatures sévères aux avant-bras le lendemain en guise de retour de bâton.

Et pour boucler la boucle, pourquoi pas une journée ski alpin le lendemain, où je rejoins mon pti frère en stage à la Giettaz avec son lycée (voir photo) où je prends un pied pas possible sur les pistes et espère que la Go Pro fera partagée mon kiff aux spectateurs des vidéos.

Voilà une année qui démarre bien, pourvu qu’ça dure !!

Citius, Altius, Fortius !!!
Citius, Altius, Fortius !!!
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