Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Faut l'tenter !

Mon 1er...

20 Mars 2013 , Rédigé par Mathieu Leonard

Mon 1er...

Chapitre 1 : Le pied à l'étrier ------------------------------------------

Je fais ici le récit de mon 1er marathon, étape décisive et forte en émotion pour tout coureur à pied.

Voilà une grosse année que je cours régulièrement : j’entends par là une à deux sorties par semaine (plus de 10km par semaine). - Ici comme dans la suite, l’avis du lecteur peut diverger du mien, et l’on peut en discuter sans soucis. N'hésitez pas à laisser un commentaire -

Comment j’ai commencé ? A vrai dire je ne sais plus, je ne peux pas dire que je me suis levé un matin et je me suis dit : « Maintenant, tu es un coureur » où si c’était le jour où j’ai acheté les baskets. Je ne m’en souviens plus, d’autant plus que les débuts en course à pied ne sont faciles pour personne.

En effet, comme dans tout sport (j’ai en tête l’exemple de la musculation), il ne faut pas s’en dégoûter et faire une grosse séance au départ sous peine de regretter le lendemain à cause des courbatures sévères. Le meilleur conseil est de commencer doucement et augmenter progressivement la « charge d’entrainement demandée au corps » (il faut lui laisser du temps pour s’habituer, car c’est un effort inhabituel pour lui).

Bref, comme beaucoup, j’ai couru au début une fois une semaine, puis une autre fois la semaine suivante, puis plus rien. La motivation est très difficile à attraper. C’est le refrain des « non-sportifs » : « Mais pourquoi tu vas courir ? Tu aimes souffrir, te faire du mal ? ». Courir inflige en effet des contraintes au corps (traumatismes aux articulations et muscles) mais procure aussi un bien-être et un équilibre, ainsi qu’une dépense énergétique importante, pilier de l’équilibre alimentaire.

Mais passons, je me suis donc mis à courir un beau jour vers ma vingtaine, largement influencé par l’exemple de mon père, qui lui courait depuis plusieurs années (une dizaine) et avait même attaqué en triathlon à Vichy. On verra qu’il a eu et a toujours une place importante, notamment pour me conseiller dans mes pratiques sportives.

J’ai ensuite suivi le schéma classique d’un coureur, augmentant légèrement et progressivement la longueur des entrainements. A l’été 2011, je courais un peu de temps en temps et ne faisais guère plus de 10-12km sans m’arrêter.

Puis, le premier objectif arriva. 2 octobre 2011 : un semi-marathon près de Marne-la-Vallée à Chessy. Pas super préparé, je termine laborieusement, tiraillé par les points de côté (ma bête noire à l’époque) depuis le km 12. 1h59, objectif rempli à mon goût (je voulais faire moins de 2h), moins fier mon père qui me traine depuis 9 bornes en me voyant me tordre et essayer toutes les techniques pour virer ces douleurs abdominales. Peu importe, j’étais heureux, d’autant que ce week end là, j’étais monté dans l’Oise chercher ma première voiture (oui oui, et je suis toujours immatriculé en 60, comme ça partout où je vais, je peux faire le touriste et dire que je ne suis pas du coin, tel un vrai picard), ma petite Skoda Fabia, que j’adore encore autant aujourd’hui.

Cette première véritable course m’encourage donc à continuer, et je m’achete deux semaines plus tard un très beau VTT carbone (Scott Scale 35 vert et blanc), me permettant de mixer course à pied et vélo et m’initiant au triathlon. Tout s’accélère ensuite, et je commence à me plaire à faire du sport régulièrement. Quelques bonnes sorties avec mon père sur Vichy ou avec des amis sur Clermont, des trails (course à pied nature), m’emmènent au Semi-marathon de Vichy, où je tiens mes 12km/h tout du long (1h44’38) : fier de moi, ma famille l’est tout autant.

Puis j’accompagne Jeff (un ami de mon père, la quarantaine, qui nous logeait à Chessy, ayant attaqué la course à pied à peu près en même temps que moi), Loïc (un ami kiné, triathlète), mon père et son acolyte Denis à Annecy pour « baptiser » Jeff pour son premier marathon le 25 avril 2012 à Annecy.

Au départ pour profiter du week end et visiter la ville, je me retrouve finalement sur la ligne de départ, une petite pluie tombante : je partage le dossard de Sylvain avec Loïc, et c’est avec regret que je céde au km 23 le porte-dossard, pour enfourcher le VTT. En effet, je me sentais bien mais j’aurais eu du mal à terminer, n’étant pas assez préparé, et de surcroit c’était le « baptême de Jeff », et je préférais reporter le mien à plus tard… D’autant qu’au village marathon la veille, le flyer orange du marathon de Lausanne m’avait dans un premier temps attiré, puis la date bien connue du 28 octobre davantage (c’est le jour de mon anniversaire), et j’avais donc décidé d’y faire mon 1er marathon. Je finis donc le marathon sur le VTT, en photographiant la brochette des quatre coureurs, qui arrive en 4h16 sous l’arche, Jeff aux anges et les quatre autres heureux de le voir ainsi. La fin du week end se poursuit dans la bonne humeur.

« Tu as 6 mois pour te préparer » m’avait dit mon père. Et mon fond d’écran de portable (image du flyer orange) me le rappele chaque jour.

J’ai donc terminé mon année de licence à Clermont-Ferrand tout en pensant à cet objectif et en continuant à m’entrainer pour. Les deux mois passèrent, ponctuées par le triathlon des Sapins à la mi-juin où je concurrence enfin mon père, à sa grande joie. Puis je pars tout l'été en Alsace pour y surveiller la piscine d’un petit camping au bord de la faillite, mais deux jolis salaires empochés et un très bon souvenir du département du Bas-Rhin qu’un couple d’amis m’aide à découvrir. L’endroit, également propice au VTT et à la randonnée, me permet de garder une bonne dose d’entrainement. J’ai donc couru dans un environnement différent tous les 2 mois (ce qui aide mine de rien et casse la monotonie), puisqu’en septembre, je rentre en Master 1 à Chambéry. Je découvre alors le bassin du Lac du Bourget, magnifique région où je réside actuellement, et la "préparation" commence sérieusement (2 derniers mois avant un marathon).

Je respecte donc à la lettre mon programme d’entrainement, pour être préparé physiquement et confiant mentalement. Je me suis entre temps équipé en vélo de route (Cube GTC Agree) carbone aussi, et l’ai baptisé avant l’hiver. Cette préparation touchant à sa faim, le jour J approche, et on compte les jours qui nous séparent de cette épreuve.

Le samedi (la veille), je rejoins mes parents à Divonne les Bains où nous dormons. Tout un groupe de connaissances, triathlètes de Vichy Triathlon et leurs épouses sont aussi de la partie. Le temps est très froid, et au matin du Dimanche, il a neigé dans la nuit (oui, un 28 octobre à 200m d’altitude) et il neige encore un peu. Tant pis, l’envie d’en découdre est trop forte, pas question de renoncer. Les dernières minutes avant le départ sont fraiches, surtout en short court, et c’est sous la neige que nous attaquons, mon père et moi.

Les 10 premiers km se font sans problème, juste un petit arrêt pipi. Je n’ai pas vraiment d’objectif, seulement envie de faire moins de 4h. Nous sommes donc à un rythme constant de 11,2-11,3km/h sur la rive Nord du lac Léman, entre Lausanne et Vevey. Vevey, justement, où nous effectuons le demi-tour du semi-marathon (21,1km pour les non-initiés) et toujours pas de gros signes de fatigue. Deuxième arrêt besoins au 24e, puis je reviens assez facilement sur mon père au 26e pour être pris en photo par la famille (mes deux frères et ma mère se caillant, immobiles). Je me sens bien et leur fait savoir, ce qui les rassure. Les km défilent et la phrase de mon père « Un marathon commence entre le 25e et le 30e km » résonne dans ma tête, guettant en moi la fatigue. Les jambes sont bien sûres un peu dures mais on garde le rythme jusqu’à ce qu’au 32e, mon père me dise : « Pars, Mathieu, je te ralentis » « Gères ta fin de course tout seul, allez ». Emu en l’écrivant, je l’étais tout autant en le distançant inexorablement, lui qui m’avait promis de m’accompagner sur mon 1er marathon. Je reviens ensuite sur Anais, que l’on avait en ligne de mire depuis plusieurs km, et l’on discute quelques instants, puis je prends le rythme d’un inconnu au K-Way bleu. On file, à 12km/h, sans trop souffrir je m’accroche. Je prends de l’eau au ravito (le camelback vide depuis le 34e) à la volée tandis que le mec s’y arrête. Je suis donc bel et bien seul au 36e, lorsque 6km dans l’inconnu m’attendent. Les km passent agréablement bien, et je file à plus de 12km/h sur une partie de la course où beaucoup de coureurs « pêchent » et ont moins bien géré leur effort. C’est grisant, et le panneau des 40km apparait. Scrutant mon chrono, je m’apercois que je peux encore passer sous les 3h45, et je m’en donne les moyens. Applaudis par les spectateurs du fait mon allure et ma foulée inhabituellement rapide, j’arrive dans la dernière ligne droite sûr d’y parvenir, et je passe la ligne à grandes enjambées, tellement fier de finir aussi bien mon premier marathon.

Quelques centièmes en dessous des 3h44, je suis fatigué mais tellement heureux. Puis les minutes passent jusqu’à ce que je puisse serrer mon père dans mes bras, après 3h53 d’effort pour sa part. Calin, puis je verse ma petite larme. En effet, c’est essentiellement grâce à lui que j’en suis là à ce moment-là, et je m’en veux de l’avoir laissé dans les derniers km. Jeff, lui, remplit son objectif de moins de 4h (pour son 2e marathon), et on est très content pour lui. Et le reste de la famille (proche) est là pour moi, tout sourire. On se caille un peu en attendant Denis, puis on va se réchauffer à la voiture, intelligemment garée dans un parking souterrain chauffé, un bonheur.

La soirée se passera ensuite à Lyon, très bon souvenir à la brasserie George où au moins sept anniversaires, plus le mien, ont été fétés. La nuit un peu difficile, et quelques courbatures le lendemain me rappellent que j’ai accompli quelque chose de traumatique pour le corps, et qu’une semaine de repos s’impose.

Mon 1er...

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article