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Faut l'tenter !

Crossing Pyreneu

30 Juillet 2017 , Rédigé par Mathieu Leonard

Chapitre 24 : Au nom du père, du fils, et du saint défi ----------------------------------

 

Traversée des Pyrénées

 

1 semaine de vacances en commun avec son père = on s’organise un gros défi !

Vélo ?! > Allez !

Quel coin on connait pas ? > Les Pyrénées

Yes, des cols mythiques !!

Boucles ou traversée ? > Quelle question ! Traversée évidemment  (autonomie, liberté, et surtout plus dure !!)

Parti !

Avant ça, y a un peu de bagnole à se taper : Chambéry > Clermont > Collioure > Bayonne (300+ 500+ 500bornes). Miam.

Lundi 17 juillet au soir :

Dernières vérifs et test des porte bagages sur les tiges de selle (sensations, poids…). Crac !! Crevaison ! Ca faisait longtemps.
BONUS : Pneu éclaté (fissure dans laquelle apparait la chambre à air gonflée). Super !!!

Un pneu neuf niqué et demain, faut passer au vélociste donc départ retardé...

La gueule que je tire toute la soirée. + le doute (doutage?) s'installe bien comme il faut.

 

1er jour : Bayonne > Larrau

Après les 100 balles laissées chez le vélociste, une réparation, et la bagnole garée à l’escadron, on peut enfin démarrer, sous le caniar, vers 10h.

Grande nationale très fréquentée, puis petite communale déserte en toboggan pour arriver à Espelette. Une trentaine de bornes et je m’aperçois que j’ai presque plus de batterie sur le tél, et oups, pas de câble de recharge...
> St Jean Pied de Port, câble acheté a Carrefour. Nickel. Pause bouffe. Trop copieuse (après coup).
10 kil plat, ou plutôt faux plat montant bien usant sous la chaleur, et première rampe, enfin GROS MUR. 11%, 10,5%, 10,5%, tout ça sur la digestion, à 35°C !! Un régal…

Nan j’déconne un calvaire. Mes pires sensations en vélo.

Après réflexion, les 1300 bornes de bagnole la veille et avant-veille ont peut-être pas fait du bien non plus. Bref. J’suis tellement collé qu’il me vient une idée pour être plus rapide, ou en tout cas tout aussi lent mais moins me fatiguer > baskets de course à pied au pied et poussée du vélo.

Oui oui. J’en suis réduit à ça. Tout barbouillé, moitié déshydraté. Tout juste lucide. La misère. Franchement.

Pour être honnête, l’idée m’est même passé par la tête de faire demi-tour, retour Bayonne, et finex.

Mais non. Le père lui est pas trop mal et monte sur le biclou. Inconcevable pour moi. A mi-col, on se retrouve et on boit un coup dans une citerne inespérée (providentielle ?). Fin du col, ça passe tout juste sur le vélo.

Le col de Burdincurucheta ! Ce sera ma seule défaillance du séjour, mais elle fut de taille !!

On discute avec le mec de la ferme-auberge en contrebas, cyclard aussi, qui nous confirme que les cols occidentaux sont particulièrement pentus. Second col pour basculer au-dessus de Larrau, moins dur, avec une trempette des panards dans un petit lac. Impec . Arrivée au gite, binouzes, nettoyage de fringues, repas et dodo.
1er bilan : on s’attendait pas à si dur dès le 1er jour (sur le papier ça avait l’air faisable).

La suite s'annonce exigeante.

 

2è jour : Larrau > St Pastous

Une trentaine de bornes quasi plates jusqu’à Marie Blanque. 9km d’ascension dont les 4 derniers se succèdent comme ceci : 11, 9,5, 13 et 12%. Toujours plus ! Je m’attends au pire et souffrir le martyr, mais non.

Du bonheur, le sourire aux lèvres en voyant des murs s’élever devant nous. Petit train mais sans gros inconfort, donc sur le vélo sans soucis. Et ca bascule. Direction l’Aubisque. Long. 1er des longs cols. 17km d’ascension. En dent de scie. Pause déj aux 2/3 à la station de ski de Gourette. Et c’est reparti sous le soleil. Ça monte bien, bascule, puis Soulor (rapide). Le D+ est fait. Ou quasi. Grande descente jusqu’à Argelès Gazost où l’on prend un peu de pain et l’apéro pour le soir, à monter au petit village de St Pastous, qqes km au-dessus. Soirée sympa dans une coloc moitié vegan.

Le père me confie qu'à ce rythme (volume des étapes), il va avoir du mal à tenir. Et le doute se réinstalle dans nos caboches respectives à l'idée du lendemain (Tourmalet, Aspin, Peyresourde pour la bagatelle de 3500 de D+ sur le papier...)

 

3e jour : St Pastous > Cathervielle

Après un bel orage dans la nuit (comme à chaque en fait), c’est tout gris le matin, et donc assez frais. Parfait pour aller se frotter au Tourmalet (2115km, notre sommet de la traversée). On l’attaque tranquillou et passons dans le brouillard à 5-6kil du sommet. Mon pédalier (s'hydratant dans l'humidité du brouillard?) s'arrête de grincer !

Dernier km très pentu. Petit sandwich et bière en haut en guise d’encas. On se couvre dans la descente.

Aspin. Sans soucis même si les cannes répondent pas aussi bien que voulu. Descente sur Arreau où on casse dalle. Et dernier col, et non des moindres, Peyresourde. On pousse pas le vice, jusqu’à escalader les 14% de l’altiport de Peyragudes (Bardet au top !!), on bascule simplement direction Luchon, et on se contentera des 3200 de D+ du Garmin à notre arrivée au très beau gite de Cathervielle.

Prestation impeccable (le gérant a même descendu le père à Luchon pour qu’il change ses patins de frein carbone –s’usant vite-). Et Barguil qui fait son show dans l’Izoard !!

Seul écueil au matin, il flotte !

 

4e jour : Cathervielle > Seix

Ça commence à tirer le matin, on cherche la motivation pour enchainer les journées. Et avec la pluie qui tombe, on doute. On a un jour de battement mais ça fait chier de le griller, et on risque de se faire chier au gite toute la journée. Ou alors on trace, tant pis.

Go.

Le temps de déjeuner, s’habiller et partir, il ne pleut plus. Descente détrempée tout de même jusqu’à Luchon, vallée, et 1ère averse dans le col des Ares (mini col).

Descente et vallée jusqu’au Portet d’Aspet. Bien débile. 9,7% de moyenne sur 4,4km. Dont 2 passages de 200 bons mètres à 17%. Compliqué mais drôle. Ca bascule en haut. On discute avec 2 allemands qui font la traversée dans le sens contraire, corsée (ils font en plus les montées dans les stations, style Superbagnères, Peyragudes, Hautacam, Ax 3 Domaines, Plateau de Beille). Et avec des sacs à dos (alors que nous, on a mis ca sur le porte bagage). D'ailleurs, le seul avantage des porte bagages (outre le soulagement du dos, c'est qu'on garde le cul au sec quand la route est mouillée !! Classe :)

Pause déj sous la flotte à Castillon (fin fond de l’Ariège ;), super casse dalles dans un troquet tout ce qu’il y a de plus banal. Et c’est reparti… sous le ciel bleu et soleil. La chance sourit. Port de la Core tranquille et descente vers Seix. Petit BnB au calme, et bonnes pizzas servies par une pizzaïolo magnifique. Vraiment. Troublé, j’en oublie de recharger mon GPS…

Coucher tôt comme tous les soirs. Et pti déj maison à base de riz au lait et fougasses salées. Paye ton régime !

 

5e jour : Seix > Les Cabannes

Journée (relativement) plus cool. 3 cols au pti déj quand même. Latrape (rapide), Agnès (plus long, mais la sortie du brouillard au dessus de la mer de nuage est juste jouissive + les bonnes cannes) et Port de Lers (très rapide).

Descente et vallée jusqu’à Tarascon s/ Ariège. Casses dalles artisanaux à base de produits du marché ! Propre. Et petit col sur les hauteurs et descente très sinueuse jusqu’aux Cabannes. Gite bien, dîner maison et binches du coin, et petite fête de village pas dingue. Dodo. Demain, ca va encore piquer ! Promis.

 

6e jour : Les Cabannes > Prades.

Le début de la fin.

Déj boulangerie. Grosse matinée avec le Port de Pailhères (1300 de déniv à prendre, comme le Tourmalet à peu de chose près). 19km de montée.

Pause au 1er tiers, pour attendre le paternel. Un mec passe avec un super vélo, sans être vraiment impressionnant. Arriverai-je à aller le chercher ? Le père arrive 3’ plus tard, on discute un peu et je file en quête de l’échappé. A 5km du haut, je le vois enfin, collé dans du 10%. Il est mort. Je le reprends petit à petit sans me tuer. Attaque maison à l’intérieur d’une épingle. 100m, 150m, et ça coince. Je ne creuse plus d’écart.

4km du sommet. Ca devient dur, très dur de relancer. Plus moyen de remettre une dent. Ce sera tout à gauche jusqu’en haut. La lutte commence, il me semble revenir un peu, je remets des couches tant bien que mal. Ca ne revient pas, 200m d’avance. On s’en contentera. 2km finaux interminables, chaleur et fatigue ne m’aident pas. Malgré tout, ca avance encore un peu, et je recreuse encore un peu d’écart. Au sommet, j’ai 4-500m d’avance et 2 bonnes minutes sur « mon pote ». Fait. Le père, lui, accusera 6-7min de retard. Cuit.

Et un signe évocateur, la faute de cale, et il s’affaisse accroché à sa monture au sommet. On bascule dans la vallée, bonne bosse imprévue, puis un petit col pour aller manger (enfin tenter de trouver qqch d’ouvert dans un petit village –Escouloubre-).

La moule ! Un petit bistrot qui accueille un repas de familles des autochtones du patelin. Super bouffe, ambiance sympa. C’était également le moment pour le père, car il était rôti. Et des signes qui ne trompent pas, le coup de calgon (énervement passager) qqes minutes auparavant, quand il croyait monter sur Escouloubre pour rien. Bref, on  se requinque et repartons de plus belle, sur le petit col au dessus, pour déboucher dans la vallée qui nous mène au dernier vrai col de la traversée (1500m et des poussières). Brouillard, 10 degrès en haut. Le père est collé. Mais ça le fait quand même, et longue descente vers Prades où l’on retrouve les cigales et le soleil typique du Sud après seulement qqes km de l’autre coté. Le bonheur. On tombe les buff, manchettes et coupe-vent, pour les ranger définitivement ! Impec.

BnB sympa, mais les ennuis gastriques commencent pour nous 2. Le père est rincé, et en plus moitié grippé. La soirée sera donc écourtée. Pour lui, ce sera une demi assiette de riz et un Daflagan. J’me tente un kebab entièrement bio sur le petit marché du village. Sympa. Dodo. En espérant que le padre retrouve la forme le lendemain.

 

7e et dernier jour : Prades > Port Vendres.

Mission accomplie.

Pti déj terrasse bien cool, et départ pour les 100 derniers kil, avec un petit col à gravir. Très sinueux : 450m de D+ sur 18km ! Le père est grave collé, et nous refait un petit coup de calgon à 2-3kil du sommet. Par chance, ca bascule vite, et le reste sera descendant.

Petit encas à St Jean Pla de Corps + pause WC pour Jean-Michel Gastro. Et les 30 derniers kil seront une formalité, avec un vent dans le dos de folie. 40km/h sans un coup de louche.

Arrivée à Argelès sur Mer pour des petits selfies sur la plage, avant de regagner Port Vendres où la voiture nous attend sagement.

FINEX !!

Le bonheur. On pose enfin les vélos. Selfies. Rangement du matos et des vélos dans la voiture. Et direction Argelès où l’on va manger un bout, puis se baquer enfin dans la Méditerranée.

On fait les comptes : on arrondira tout ça à 41h de pédalage sur 750km pour environ 16500m D+/-.

Ça le fait. Et des cols mythiques de cochés !!

On mettra quelques jours à retrouver une selle consistante et des cannes moins meurtries.

Le défi était dur comme on aime, et il n’en fallait pas beaucoup plus pour que l’on doute sérieusement, voire pire. Encore une belle planification de ma part ;)

 

Bien ouéj à mon père qui s’est fait la peau pour boucler cette traversée. J’ai bien senti à certains moments qu’il n’était pas loin de ces limites (mentales, je pense).

On a formé un beau duo -comme d'hab-, toujours d’accord sur les choix à faire (itinéraire, hébergement, logistique et alimentation) et on a partagé un max de trucs. Seul, ça aurait été bien moins fun.

Plus qu’à trouver un nouveau défi pour l’été prochain ! ^^

 

Sur ce, je vous laisse avec les photos faites au long de ce périple.

Désolé par avance, c’est pas mal à base de selfies et de paysages.

Et en Bonus –pour ceux que cela intéresse-, j’vous mets les tracés des étapes et profils altimétriques

La bise

 

Place pour moi à la rando/trail dans mes Alpes, et qui sait, peut-être tenter l’ascension du Mont Blanc. Affaire à suivre. Bye

Crossing Pyreneu
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