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Faut l'tenter !

Prof un jour... prof un jour.

26 Septembre 2014 , Rédigé par Mathieu Leonard

Chapitre 11 : Premier abandon (mais toujours pas en sport) ------------------

Il me fallait redescendre tranquillement de la bulle euphorique d'Embrun.

Alors, on s'est payé avec mon petit frère et mon père une semaine baignée par le soleil du Var, à écumer les plages du coin. Bronzette, et détente. Ne rien faire ?

Si tout de même, on est allé d'abord crapahuter sur la côte accidentée près du Pradet, entre trail, escalade et nage en eau vive avec les baskets. C'était bien cool quoiqu'un peu flippant par endroits.

Et en remontant en Auvergne, on a fait un crochet par l'Ardèche, pour aller pagayer les 25km, entre le Pont d'Arc et St Martin d'Ardèche, où, clin d'oeil, se courait un triathlon ! Bref, ces 5h de kayak nous ont bien entamé, mais le parcours est splendide, ça vaut le détour.

Petite halte en Auvergne, et direction la Haute Savoie où un poste de prof des écoles m'attend...

Je suis hébergé chez une amie Ophélie, le tant de trouver un appart. Comme à mon habitude, je m'installe le week end précédent la rentrée. Mais une fois installé, posé, place à la méditation, la reflexion.

Suis-je prêt à entamer une carrière ? Suis-je fait pour ce métier ? Suis-je à la hauteur de la pression et des lourdes responsabilités qui incombent à un professeur titulaire ? Suis-je assez travailleur pour préparer mes journées consciencieusement ?

Et ces questions n'ont qu'une réponse : non. Je ne suis pas prêt. Je n'ai pas d'excuses mais je ne me sens pas prêt à endosser le costume de professeur. Et pourtant 25 élèves, et une dizaine de collègues profs m'attendent.

Je vais à la pré-rentrée le lundi 1er septembre, mon choix en tête de quitter cet atmosphère tendue des écoles primaires, que je ne peux désormais plus voir en peinture. La réunion s'éternise tandis que les multiples tâches et responsabilités pleuvent et me confortent dans mon choix. Midi, je fonce à Cluses pour trouver un bout de wifi et contacter la circonscription de mon choix. Je prends ensuite une demi-heure pour taper une lettre de démission argumentée, et hop !

Je me repointe à l'école et j'annonce la nouvelle à tout le monde. Le choc. Le silence. Puis l'acceptation. "Ok, c'est ton choix. On le respecte." Les collègues et la directrice ont été super et ne m'ont pas fait la morale. Elles voulaient juste être sûr que ce n'était pas une décision rapide prise sur un coup de tête. Non, c'était mûrement refléchi et définitif.
Bref, je regagne ma voiture en milieu d'apres-midi, non sans émotion, conscient des conséquences qui vont en découler, mais soulagé d'un énorme poids, qui me serrer les tripes depuis quelques jours.

En effet, avec le recul, je ne suis tout simplement pas fait pour ce job. Je ne'ai jamais été très à l'aise à l'oral. Et les visites en stage l'an dernier l'ont confirmé : "Mathieu, t'es là, mais on dirait que t'es pas impliqué, que t'es pas avec ta classe" "T'es pas dans le costume du prof". Et c'est vrai, je m'en rends compte, j'allais au bulot à reculons et faisait ma journée en regardant défiler les heures. Evidemment, avec les petite section, ca roulait, car le simple fait d'être adulte, c'est-à-dire 3 fois plus grand qu'eux, suffisait à avoir un statut et l'autorité du savoir.

En résumé, je n'étais pas prêt à assumer tout ce qu'un prof a à encaisser, entre le regard des enfants, des parents, des collègues, de l'administration... tout ça pour un salaire dérisoire par rapport au nombre d'heures totales travaillées. J'ai craqué. Je laisse ça aux autres, aux professeurs compétents, et je leur tire mon chapeau pour se lever tous les matins faire un travail aussi ingrat.

Un choix de vie, une page qui se tourne, une grande décision... c'est tout ça à la fois.

Bien sûr, il a fallu l'annoncer à mes ex-collègues, mais surtout à la famille. Les réactions divergeaient, mais tous étaient très surpris, car je n'en avais pas parlé à qui que ce soit. J'en avais pas ressenti le besoin.

Et voilà, que je me retrouvais le plus libre du monde, du temps libre à perte de vue.

Et des envies de rando, des petites, puis des grandes...

Prof un jour... prof un jour.

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