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Faut l'tenter !

Embrunman 2014

23 Août 2014 , Rédigé par Mathieu Leonard

Chapitre 10 : Une troublante maitrise ----------------------------

J -1 : La préparation des sacs de transition, la dernière vérif du vélo. Pas de prières, malgré l’appréhension qui monte. Le sentiment d’avoir fait une préparation sérieuse, et une analyse détaillée de l’épreuve, un recul nécessaire pour en conclure que la vérité sortira sur le marathon d’après vélo. Je sais que c’est mon premier Ironman et je reste donc humble face à ce qui m’attend, cette fin de course inconnue pour moi. Je parle même sur un ton ironique de « bâcher », c’est-à-dire abandonner, et ça agace mon père et mon petit frère, venu en qualité principale de photographe de la course. On écoute consciencieusement le briefing dans le « village triathlon » sous le cagnard, puis on rentre à l’appart, en ayant laissé notre vélo pour la nuit à Embrun.

Petit repas et on se couche un peu après 21h, certains de ne pas s’endormir tout de suite. Je me mets dans ma bulle en écoutant mes chansons préférées pendant 15-20min, puis je me mets forcément à rêver du lendemain, m’imaginer différents scénarii de la longue journée qui m’attend. Oui c’est ça, j’ai rendez-vous avec mon destin.

Je repense à mes premiers pas en course à pied, jusqu’au marathon, puis le triathlon, jusqu’à ce challenge que je me suis fixé : celui de courir mon premier Ironman à Embrun : La Mecque du triathlon. Beaucoup m’en ont venté la magie, et j’ai aussi le feedback de mon pote Julien qui après la partie vélo l’an dernier, s’est assis, et n’est pas reparti courir, comme paralysé par ce qu’il l’attendait. Ca m’a fasciné. Et il y revient cette année, j’espère qu’il réussira.

Tout se mélange dans ma tête, l’envie d’y aller, la peur aussi d’un si long effort où le corps, l’alimentation et l’hydratation, mais aussi les ennuis mécaniques forment un joyeux cocktail interdépendant et donc si fragile. Je ne suis pas sûr de passer l’arche d’arrivée demain soir, mais je me dois d’être au départ et de faire de mon mieux, pour moi, pour mon père, mais aussi pour tous ceux qui m’ont suivi, encouragé, aidé.

Je mets donc une petite heure à trouver le sommeil, pour me réveiller difficilement, cinq grosses heures plus tard.

Il est 3h15 quand les trois concurrents et leur photographe se réveillent. Mines gaies d’un jour tant attendu. Gros petit déj pain-confiotes comme à l’accoutumé + un gateau-sport pas terrible. Dans la voiture à 4h, avec les caisses d’affaires vélo et course à pied destinée au parc à vélos, direction Embrun, nuit noire. Je me remets ¼ d’heure dans ma bulle musicale, puis j’écoute les discussions et y participe. Pas de bouchons à cette heure si matinale, on est sur place un peu avant 5h. Les autres athlètes arrivent petit à petit, quelques lampes frontales.

On dépose nos caisses, et on dispose nos affaires méthodiquement, pour perdre le moins de temps possible aux transitions. Il fait froid. Dernier passage aux sanitaires, et enfilage de la combar vers 5h45. On se rejoint pour se masser dans une « file d’attente » de mâles. Premier croque-monsieur avalé machinalement. Départ des féminines à 5h50, qui sautent dans l’eau, et se repèrent aux gyrophares des kayaks qui les accompagnent.

Tapes sur l’épaule, « on n’en a jamais été aussi près » lance mon père. Ca y est, c’est l’heure fatidique. Les lueurs de l’aurore émergent des reliefs montagneux, et l’on trépigne d’impatience au milieu de la meute, du troupeau. La journée va être longue, et on rentrera au coucher du soleil ce soir, comme une course contre lui. Dernières paroles, et on se promet d’en profiter un max.

Coup de fusil : début du chronométrage. Et ce déclic intérieur, c’est parti, chaque seconde compte à partir de maintenant. Rentrée dans l’eau chaude encombrée, il faut désormais essayer de trouver « une fenêtre de nage », c’est-à-dire assez de place pour déplier son corps sans taper les autres ni se prendre le pied d’un autre dans la tronche. Bref, ça dire 10 bonnes minutes à sortir la tête de l’eau un coup de bras sur deux. Puis, on trouve la place de nager correctement, et on en profite, on nage le plus efficace et beau possible. Premier retour, on voit encore pas grand-chose devant nous, on espère juste que les mecs devant vont dans la bonne direction. Je trouve la ligne droite longue avant de bifurquer à gauche pour le second tour. Là, je nage plutôt bien, et me calque sur le rythme d’un autre nageur, bonnet 122. Je reste à sa droite en m’appliquant à bien respirer. Je profite au max, je m’applique à bien respirer en 3 temps, et à déceler le jour qui s’éclaircit presque imperceptiblement.

Retour du 2e tour, et je suis toujours accolé à ce bonnet 122 qui m’amène à bon rythme direction le parc à vélo. Le soleil n’est plus très loin de sortir de derrière les montagnes, car il illumine déjà les sommets au sud. On voit encore pas grand-chose, entre la buée des lunettes et l’éblouissement de ses prémices de lever du jour. Mon « pote de nage » est toujours à ma gauche, et on finit aisément les derniers hectomètres liquides jusqu’à pouvoir se remettre en position terrestre (à la verticale), et trottiner vers le parc.

Je galère pour enlever ma combar tandis que des encouragements et des flashs crépitent. Je vois alors Thomas qui veut me prendre en photo. Je m’arrête donc et lui fait signe que je veux bien perdre 5 sec pour une belle photo, combi à la taille, torse nu et pecs saillants^^.

Je file à ma place, et l’envie de pisser me vient. Les sanitaires sont à 2 pas, je m’autorise à y passer rapidement. J’enfile mon cuissard de vélo sous ma serviette et m’aperçois que j’ai encore le maillot de bain. Nickel. Je l’enlève puis me rhabille comme il faut, en prenant le temps. Les ravitaillements emportés tant bien que mal, dans les poches, sur les quadriceps. Hop, je récupère le vélo et trottine jusqu’à la sortie. Je l’enfourche après la ligne prévue à cet effet, et pour une fois, je déclenche mon GPS au bon moment (j’ai tendance d’habitude à l’oublier et ne le faire partir qu’au bout de 3 ou 4km).

Je regarde l’heure : 7h16. Je suis content, même si 9min de transition, c’est beaucoup ! En revanche, 1h05 en nat, je ne pensais pas faire aussi bien (c’est 3min de mieux que ma dernière simul en piscine). Bref, je ne me grise pas trop et attaque dans la pente directe, à petit braquet. Les supporters sont très nombreux et il faut garder la tête froide à ce moment-là, c’est parti pour 8h de vélo, on fera le spectacle plus tard. La bosse passe très facilement, « j’ai les cannes » (comme on dit dans le cyclisme), d’autant que la température est encore basse et les muscles ne chauffent donc pas trop. Je suis assez à l’aise dans la pente alors que certains le sont moins, tirant trop de braquet ou moulinant plus que de raison. Je fais mon numéro et bascule vers la descente qui mène à Savines par le pont au-dessus de Serre Poncon. Bien penser à s’alimenter : 2e croque sur le plat alors que quelques furieux me passent en tirant du gros braquet sur les prolongateurs. Côte de Savines que je gère, puis retour au rond-point d’Embrun via le haut d’une bute où m’attendent Sèbastien Pavailler, Ju Vignoud, Mylène Duisit (trois potes de Chambé Tri) et mon frère Tom qui me prend en cliché. Ca fait chaud au cœur, et ils constatent que tout va bien.

Faux plat montant vers Baratier au km 43, où on fend la foule comme dans une montée de col mythique sur le tour de France. 20 km des balcons de la Durance, où je fais un arrêt remplissage de gourdes à une fontaine pour tenir jusqu’au sommet de l’Izoard. Passage à Guillestre, où je gère les montées casse pattes. Je vais vite à mon goût depuis le début, et les 27km/h de moyenne au Garmin me le confirment. Et re 20km dans les Gorges du Guil, tenues sur la plaque, avant de virer à gauche pour les 14,4km d’ascension de l’Izoard. J‘ ai bien reconnu le parcours et je sais où produire les efforts, contrairement à un autre concurrent à qui j’explique les pièges à éviter et les endroits pentus. Je lui souhaite bon courage pour la suite et commence mon numéro. Toujours aussi bien, au vu des autres concurrents que je reprends lentement mais sûrement, un par un. Patience à la sortie de Brunissard où les 10-11% obligent à mettre tout à gauche (plus petite vitesse). Seul 1 mec me passe sur un Trek orange, belle fraicheur. Bascule à la Casse Déserte puis reprise de la pente pour les 2 derniers km avant le sommet. Laurent Vidal (triathlète de Chambéry, nageur moyen, très bon rouleur, et imprenable en course) arrive à ma hauteur, on discute, et il s’en va progressivement. Je salue le caméraman dans l’hélicoptère qui suit la course, et continue ma belle montée, en tournant bien les jambes, ce qui plait aux spectateurs qui donnent de la voix. Ravito au sommet, remplissage des gourdes et prise du ravito perso (barres céréales, gels et croques-monsieur) pour tenir le retour.

Je me retrouve alors, une fois le coupe-vent enfilé, dans un groupe de 5-6 où ça descend fort. Je reste dans le rythme sans trop laisser de marge de sécurité, comme si ma chute il y a 3 semaines ne m’avait pas servi de leçon. Arrivée à Briancon, 3e croque sur le plat, et le vent qui se pointe. Il souffle aussi fort que d’habitude (55km/h me dira-t-on après course), et je n’ai pas beaucoup de concurrents derrière qui m’abriter, d’autant que c’est interdit en triathlon. Le même verbe en tête : gérer ! Remontée des Vigneauds, puis descente sur l’Argentière. Vient alors le « mur » de Pallon- Champcella : 2km à 11%. Les supporters sont nombreux et ont le temps de nous voir passer. Je fais encore le show, 1 petit km/h plus vite que les autres, ce qui fait la différence à si faible vitesse^^. Et re descente technique à bloc avec le groupe de furieux.
Les 30km pour revenir à Embrun sont pénibles et on cogite à l’idée de mettre les baskets et de ses 42,2km à boucler. J’appréhende, mais je vois au fur et à mesure que je vais rentrer le vélo avec 30 bonnes minutes d’avance, sous les 7h30 et ça me réjouit. Dans Embrun, je revois « mon fan club » et leur donne de la voix, avant de me reconcentrer dans la montée de Chalvet (dernière difficulté vélo), puis descente très piégeuse où je suis prudent. Je passe sur le tapis bleu dans la ligne droite d’arrivée avec un 25,7km/h de moyenne, inespéré (je pensais faire autour de 23), 7h22 de vélo + 1h16, soit 8h40 d’effort dans les pattes. Je pose mon vélo en le remerciant de n’avoir eu aucun problème. Il a super bien fonctionné, et c’est un peu grâce à lui si j’ai fait un si beau temps vélo.

Transition de 6min, et rhabillage en trifonction. Prise des ravitos, et c’est parti, à l’assaut de cet inconnu : le marathon d’Ironman !! Je me remets en tête tous les conseils que l’on m’a donné : penser positif, courir bien droit, s’alimenter et s’hydrater très régulièrement, et être très patient.

Pâte de fruit, et j’attaque le premier tour de plan d’eau. Comme me l’a dit mon père, tes jambes t’imposeront l’allure. Et elle n’est pas rapide : 10,5- 11km/h. Faudra s’en contenter ! Je bois (de l’eau)(j’ai peur que le Coca ne me file des soucis digestifs) et me mouille à tous les ravitos.

J’ai un petit point de côté (et ça m’agace) pendant que j’attaque la remontée sur Embrun. On passe dans la zone piétonne du centre et l’ambiance est au rendez-vous : les gens en terrasse, les musiciens, et mes supporters sont là, et ce mélange me file les larmes aux yeux, je prends conscience que je suis en train de réaliser quelque chose de grand. Comme si j’étais spectateur de mon exploit.

Je redescends pour me retrouver sous les falaises de la ville, au km 8. Les jambes vont assez bien, pas de signe de fatigue, je continue de bien boire et manger. Je patiente et pense aux gens qui me suivent de loin, sur internet, alors les 6km suivants sont moins intéressants. Je m’occupe en calculant mes temps de passage et note mon allure : les 10 premiers kilomètres en 58’. Ca me va. Je gère la bute pour déboucher à Baratier au km 15, encouragé par la foule. Redescente jusqu’au plan d’eau pour les 3 derniers km qui réempruntent le tour du plan d’eau. 20e kil : 2h02. C’est pas mal. Retour au parc à vélo où je prends mon ravito perso et me crème les aisselles irritées par le frottement du balancier des bras. Je repars sans me poser de questions pour un 2nd tour. Mi-parcours en 2h08, et je n’ai pas vraiment eu le temps de cogiter pour l’instant. Je ne me suis pas encore retrouver en difficulté.

Je pars donc assez confiant, refais un 3e tour de plan d’eau, mais les kilomètres sont de plus en plus longs, l’allure a baissée. Je dois rester concentré pour tenir l’allure de 9,5-10km/h, et j’ai besoin de marcher 1min à chaque ravito. Je patiente dans la côte qui me ramène dans la foule du centre-ville pavé. Encore cette émotion qui me transperce. Puis des bonbons Haribo au ravito me refilent le moral, et je suis comme un gamin à démêler mon escargot en réglisse et en manger les lanières. La descente m’amène au km 29 où les ennuis commencent, comme sur un marathon sec. Les jambes sont lourdes, on préfèrerait marcher. L’heure des calculs revient, 30e km en 3h 07 et encore 12km soit 1h15 minimum à se combattre. Je m’autorise à marcher 1min maxi toutes les 7-8min.

Mon rêve utopique des moins de 13h s’envole et je sais alors qu’il me reste 6km difficiles, sans grande distraction. En effet, à Baratier, il restera 6km faciles pour rallier l’arrivée. Mais ces 6 là sont longs, longs, longs. Je m’accroche à mon rêve, et jamais l’idée d’abandonner ne me vient. Je repense à mes supporters, sur place ou non, à mes expériences diverses et mes challenges précédents. Je repense à ces 24h de Bassens où j’ai du lutter contre l’ennui pour boucler mes 100km. Le rythme était similaire (autour des 9km/h), et j’ai tenu, pour réaliser ce que je m’étais imposé, ce que j’avais promis d’accomplir à ceux qui me suivent. Cette quête à accomplir, ce même défi mental que je viens chercher sur de telles épreuves.

Un Ironman ne peut être facile, alors encore moins l’Embrunman. Je ne suis pas venu là pour que ce soit facile, sinon j’aurai choisi un moins dur. « T’as voulu venir, maintenant tu assumes ». Je pense alors positif : je suis à près de 12h d’effort (ce qui n’ai pas donné à tout le monde), je réalise ce que j’avais prévu, je suis 1h devant mon père. Mes pensées s’éclaircissent alors que Denis me rejoint, avec sa petite allure assurée. Il a un tour de retard. Il m’explique ses problème mécaniques sur le vélo (sauts de chaîne, chute sans gravité), et je réalise enfin que c’est bon, je suis maintenant sûr d’y arriver. Je le laisse partir et gère ma dernière pente vers Baratier. Au 36e km, je suis heureux sans le montrer car je suis conscient qu’il y a encore 35min à mettre un pied devant l’autre. Je déroule sans me griser et arpente le tour du plan d’eau pour la dernière fois. « Tu vas le faire !! ». La foulée est toujours aussi molle et faible, je remarche une dernière fois avant le dernier ravito du 40e. 4h17 au Garmin. Je bois un dernier gobelet d’eau avant de puiser dans mes dernières ressources. Le retour vent dans le d’eau est une délivrance : la foulée s’allonge et s’allège, je suis aux anges. Sourire aux lèvres, je relève mes lunettes de soleil, je perce ma bulle pour inonder de joie la foule qui m’acclame.

Je ne suis pas encore Embrunman, mais c’est si proche. Plus rien n’importe, il n’y a plus de fatigue mentale ni musculaire. Il y a seulement un mec qui a eu le culot de boucler son premier Ironman ici, dans les Hautes-Alpes, et de la plus belle des façons. Tel un remake de mon arrivée sur le marathon de Lausanne, le GPS s’emballe et passe les 12km/h, 13km/h quand j’entame le dernier km. Mon reporter photo a du mal à tenir le rythme. Du sourire aux larmes… de joie !! Une euphorie pure et simple dans les derniers virages. Je débouche sur le tapis bleu ! Les dernières foulées, les applaudissements. Je savoure comme jamais. Le speaker me présente, je passe sous l’arche.

13h09 d'effort, fin du combat. Sauts de liesse, les poings serrés. Tout va très vite alors que le temps s’arrête. La médaille autour du cou, la chemise finisher, je trouve un coin pour m’allonger. Les bars et les jambes en croix, je fonds en larmes. Je me rassois et vois Thomas en pleur également, et ca m’émeut davantage, il est super heureux pour moi.

Un mec à côté de moi s’inquiète de ma posture : « Ca va ? » « Oui, oui, je suis super content » « C’est ton 1er Embrunman ? » « C’est mon 1er Ironman !! » « Waw, super, savoure mec, lâche-toi, pleure, ça fait du bien !! » « Merci ». 10 petites minutes à essayer de réaliser, à visualiser le chemin accompli. Je rejoins Tom, on discute, il me félicite. Je récupère mes sacs ravito, et enfile un pull pour ne pas trop me cailler. Je me pose sur une chaise, me délecte du coucher de soleil et attend avec impatience l’arrivée du paternel pour l’étreindre. 20h15, sa truffe débarque de derrière les barrières. Il semble bien, je rejoins l’arrivée et l’attend. 14h17 pour lui, il fend l’arche dans un cri de bonheur, le poing serré. Il prend sa breloque et son t-shirt et m’enlace. Je n’arrive pas à pleurer mais l’émotion est forte et je sais qu’il est fier de moi, davantage que je le suis de lui. Je ne doutais pas vraiment qu’il y arrive. Il a une sacrée expérience en course à pied, et sauf gros problème, je ne le voyais pas abandonner. « T’as été énorme » me dit-il. « Oué, c’est cool ». On discute de nos sensations, on compare nos temps de passage, etc… On kiffe !! On ramène les vélos dans la voiture et la nuit tombe alors que Denis n’est toujours pas là. 21h passées. Un peu après 21h30, une bouille passe entre les serpentins lumineux des spectateurs, une beuglante sauvage caractéristique de Denis, lui aussi hyper heureux d’en terminer malgré les embuches. On le serre dans nos bras. 3 Embrunmen aux anges !! Les sourires, les félicitations et la bière de récup avant de regagner Ceillac. Trajet riche en discussions et debriefings. 23h à l’appart. Quelques minutes plus tard, on écrase tous nos oreillers comme jamais.

Ce sentiment de devoir accompli, c’est ça qu’on vient chercher sur ce type d’épreuves. Le regard que notre entourage porte là-dessus diffère : certains nous prennent pour des fous ou des drogués du sport, alors que d’autres sont admiratifs d’une telle endurance.

Finalement, la qualité première est la patience. Bien sûr, les charges d’entrainement sont importantes et permettent au corps d’aller le plus loin possible sans se poser trop de questions. Ensuite, c’est le mental qui prend le relais. Et, quand ça devient long, fastidieux, lassant, la patience est primordiale. Il faut s’occuper l’esprit : calculer les moyennes, les temps de passage, les prochains ravitos, penser aux autres : aux concurrents, aux bénévoles, aux spectateurs, à nos supporters, sur place ou non. La clé est là.

Mais, j’ai du mal à réaliser ce que j’ai fait. J’étais venu me frotter à un Ironman à la sauce montagnarde, je n’ai pas été déçu, j’ai fait de mon mieux et je suis fier de moi. Mais il y a quand même un manque…

J'ai, à l'instar de mon 1er marathon à Lausanne, "maitrisé" mon sujet du début à la fin. Et c'est bien ça qui est troublant

J'ai recu de bons conseils, mais je n'ai pas l'expérience. Je n’ai pas encore pas pris de « murs » dans la tronche, comme lorsqu’on passe à côté d’un objectif chrono sur marathon, où lorsque des ennuis mécaniques ou physiques font basculer l’issue d’une course (types crampes ou fringales…).

C’est pourquoi mon envie de goûter aux trails longs et à terme aux Ultra-trails grandit de jour en jour. Je crois que je suis fait pour des épreuves très longues (plus de 10h) où l’alimentation, l’hydratation, et un mental d’acier sont les clés de voûte de la réussite. Je cherche à ME DEPASSER, à aller chercher mes LIMITES physiques et mentales. Et je ne les connais pas encore, et j’ai hâte d’y flirter.

Il va falloir aller chercher (encore) PLUS DUR...

Embrunman 2014
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