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Faut l'tenter !

Cap à l'Ouest

12 Janvier 2014 , Rédigé par Mathieu Leonard

Chapitre 5 : Breizh summer ----------------------------------------------

Comme vous l'avez deviné, j'ai passé mon été en Bretagne, et j'ai pris un bagage de trop avec moi, une "entorse de fatigue" deux jours avant de partir.

Et oui, ça fait descendre le mec de son piédestal et lui fait comprendre qu’il faut arrêter de faire n’importe quoi à enchainer n’importe quelques courses. Afin, ça aurait été vrai, s’il s’était pas déjà inscrit sur un trail de 53km dans le Finistère (ben voyons, toujours plus !) dénommé Trail du Bout du Monde. « Tant pis » se dit-il, « Une semaine de repos, ca va faire juste mais… Faut l’tenter ! ». Bref, le trail n’est pas une boucle comme la plupart des trails, mais on se gare à la Pointe St Mathieu (Finistère Nord-Ouest) et un car nous achemine au vélodrome de Plouzané d’où démarre la course. 1km, 2, 3, puis première alerte au 4e km, la cheville droite tourne… 5, 6, 7e, 2e alerte ! Là, je commence à cogiter. Je continue et au 9e km, la douleur est bien présente, ce n’est pas une vue de mon esprit et je vais devoir faire avec. Entre le 10e et le 15e, on longe le littoral à l’Ouest de Brest, et le paysage magnifique me permet de m’échapper un peu de ma condition. Puis, vient le moment de la réflexion, la prise de recul sur la situation, et comme souvent, deux choix s’offre à toi :

1) tu stoppes la douleur et arrête la course, ce qui se traduit pas une lourde déception, un peu de honte (t’as dit à tout le monde que tu le faisais et t’abandonnes), et le rapatriement par les bénévoles sur le lieu d’arrivée.

2) tu luttes, mentalement, car la douleur est supportable mais bien présente, et suffisante pour te contraindre à boiter sérieusement pour la minimiser.

Par chance, je n’étais pas obligé de finir la course, j’entends par là les 53km totaux puisque le passage sur le lieu d’arrivée (Pte St Mathieu) se faisait au 37e, puis un aller-retour vers le Nord pour rajouter 12km. J’ai donc pris la 2e option de continuer jusqu’à 37km, ce qui était loin d’être fait. Le ravito du km22 me fait du bien, même si bénévoles et spectateurs s’étonnent de me voir boiter sévèrement et m’exhorte à arrêter, en vain ! Au 25e, on fait une traversée sur le sable mouillé de la plage, 1km de bonheur avec plein de spectateurs, encore une fois intrigué par ma démarche titubante. Les km passent lentement à 8km/h mais je suis quelqu’un d’assez patient. Le paysage littoral est somptueux, le ravito du 32e pour se re-motiver et au 34e, victoire ! Je vois le phare ! Je sais alors que « c’est fait ! ». Les derniers kilomètres sont une délivrance, même si c’est bien un abandon que je dois accepter au 34e. Je prends mon repas et regagne le Pays Bigouden (Finistère Sud-Ouest) où je travaille tout l’été.

Je suis tout de même content d’avoir insisté, d’avoir déjoué mon esprit et supporter cette douleur pendant 25 bornes. Le lendemain est tout de même compliqué quand je me lève du pied droit et tombe de ma hauteur tellement le pied m’est douloureux à poser. Une journée à cloche-pied, puis un tour chez le médecin, qui me diagnostique une entorse de fatigue. Et une semaine de repos et tout allait nickel.

J'ai alors troqué mes montagnes contre un littoral tout aussi sauvage et comme en Savoie, cette région inconnue ne l'ai pas restée très longtemps. Mes deux mois bretons se sont finalement super bien passés et j’ai pu faire du sport comme je l’entendais, j’ai notamment eu la bonne idée d’emmener mon VTT dans les bagages, et il m’a permis de visiter la côte littorale du Finistère au plus près sur plusieurs centaines de kilomètres. Ainsi, fin août, je totalisais 126km de course à pied, 12 de natation (dans la piscine du camping que je surveillé 6j/7), mais surtout 977 de VTT. Je ne détaille pas toutes sorties mais deux furent marquantes :

  • Le tour de la presqu’île de Crozon au plus près des côtes au départ du village d’Argol(paysage exceptionnel, phots de mon VTT, et une crèperie bien cool à Camaret)
  • La traversée du Golfe du Morbihan fin août (camping sauvage la nuit précédente, presqu’île de Quiberon, Carnac, puis contre-la-montre pour chopper le bâteau à Locmariaquer qui m’a fait traverser de l’autre côté du golfe, un retour laborieux, Vannes, puis retour). Et la journée s’achevant par mon retour sur Vichy (6-7h de bagnole)

Au final, des souvenirs impérissables de cette magnifique Bretagne qui me manque parfois.

Cap à l'Ouest
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